
Cécile Coulon est née le 13 juin 1990 à St Saturnin dans le Puy-de-Dôme,
Romancière précoce, c’est à l’âge de 16 ans, qu’elle publie son premier roman intitulé Le Voleur de vie, aux éditions Revoir .
Depuis, elle en a publié neuf autres, souvent primés, un recueil de nouvelles et plusieurs livres de poésie salués par la critique mais aussi du théâtre et d’autres publications.
Elle a été reçue à la librairie Garin en 2020 pour son roman Une bête au paradis chez L’Iconoclaste. Elle a aussi été invitée au 35e Festival du premier roman pour une intervention en compagnie de Clara Dupont-Monod. Elle est venue le 12 mars à la librairie Garin présenter Le visage de la nuit, son dernier roman édité par aux éditions L’Iconoclaste
Le visage de la nuit, est un conte. L’action se passe dans le même village que dans le précédent livre de l’autrice La langue des choses cachées. Il commence par : Il avait sept ans et son visage était pourri. Et se poursuit par la description horrifique du visage d’un enfant rendu monstrueux des suites d’une curieuse maladie. Par chance, l’enfant ne souffrait pas.
Cet enfant est abandonné par son père dans un presbytère, car trop effrayé par les traits de son fils. Celui-ci , est recueilli par le prêtre qui vit avec sa gouvernante appelée Madame. Ils vont cacher le « monstre » pendant des années dans une cave pour ne pas effrayer par tant de laideur les rares habitants du village. Il ne sort que la nuit. Un jour, de nouveaux habitants s’installent dans le village. Un sorcier appelé « Le Fils » est appelé pour guérir la maman atteinte d’une fièvre mystérieuse. Elle est enceinte et prête à accoucher. La mère ayant retrouvé la santé, le Fils prédit que l’enfant à naître, sera d’une telle beauté qu’il aura des difficultés à vivre.
Donc “Le visage de la nuit” aborde la confrontation entre le laid et le beau, ainsi que les conséquences de cette dichotomie sur les personnages et leurs vies. Cécile Coulon met en lumière comment ces notions influencent les perceptions et les relations des protagonistes. On sent qu’elle aime ses personnages comme Madame, la sœur de l’enfant trop beau et évidemment le « monstre ».
Le roman explore les tensions créées par les différences esthétiques et morales. Le prêtre pour justifier qu’il cache l’enfant lui dit : « Je crois qu’il y a des hommes qui ne sont pas en mesure d’accepter dans leur vie d’autres hommes qui ne leur ressemblent pas » On voit comment les personnages luttent avec leurs propres idéaux et les attentes de la société. Cette lutte peut mener à des tragédies, des incompréhensions et des souffrances, car les personnages tentent de naviguer entre leurs désirs et la réalité de leur existence.
Il faut lire Le visage de la nuit aussi pour l’écriture dépouillée, souvent poétique et délicate de l’autrice. Par exemple des phrases comme : « Au matin le paysage avait durci; le ciel pesait sur lui comme une paume » ou , « ..dans les arbres de grands oiseaux aux ailes harpées préparaient la saison suivante »
La thématique du beau et du laid qui sert de toile de fond au déroulement du roman, permet une réflexion plus large sur l’identité, la valeur personnelle et le regard des autres, la vie et la mort. Cela enrichit le récit en lui donnant une dimension philosophique et émotionnelle forte.
Claude GUEST
PHOTO: Cécile Coulon était de retour à Chambéry pour présenter son dernier roman, Le visage de la nuit.
PHOTO Laura Stevens
