Débâcle, de Ian Manook

Patrick Manoukian est un journaliste, né le 13 août 1949 à Meudon. Il est aussi éditeur et écrivain français édité sous huit pseudonymes dont : Ian Manook, Paul Eyghar,  Roy Braverman etc …

Il a effectué des études de droit et de sciences politiques à la Sorbonne, puis de journalisme à l’Institut français de presse. Après de nombreux voyages sur le continent américain mais aussi en Islande, en Sibérie, en Arménie etc… il crée  une agence d’édition spécialisée dans la communication autour du voyage, agence qui existe toujours

Il commence à écrire des romans à plus de 60 ans. Il en a écrit de très nombreux, trente en 25 ans, et des scénarios de bandes dessinées. Il a publié une série de polars, dont La trilogie Mongole, menée par un commissaire au passé douteux Yeruldegger

Il a été reçu à la librairie Garin de Chambéry mercredi 13 avril.

Débâcle  est une enquête dans la taïga au fin fond de la Sibérie. Là où l’URSS avait installé ses goulags et où les anciens prisonniers ont fait souche  Le titre, Débâcle, désigne le printemps qui libère les rivières prises dans les glaces. Mais aussi la fin de l’URSS. L’histoire se passe en 1991. Le Soviet suprême vient de dissoudre l’URSS. Mais la Russie n’est pas encore une nation avec un état. Elle est dirigée par Boris Eltsine qui prend les rênes de la Fédération de Russie. Avant la dissolution, le Parti communiste gérait tout et tout est désorganisé. C’est donc aussi la débâcle d’un pays. Les salaires et les retraites ne sont pas payées. Les transports, la nourriture, la santé n’existent plus.  Pourtant le KGB fait toujours aussi peur avec les moyens considérables qu’il a encore. 

          Le livre commence en 1968 par une arrestation musclée d’une famille par des hommes du KGB  qui brandissent l’article 58. Cet article qui fait peur car il désigne les traîtres à la patrie. Ceux qu’on envoie dans les camps de travail ou de « punissaient », subtilement différents. Toute la famille est emmenée violemment pour être interrogée et sûrement déportée. L’enfant des voisins entrouvre sa porte pour les regarder partir. On devine qu’il fera un chemin important dans la Russie jusqu’à en devenir le maître actuel .

          Quelques années plus tard, en 1991, on retrouve un ex-agent du KGB, Piotr, qui débarque à Balitsky Point, une partie d’un ancien goulag, en hélicoptère, un MI-8 énorme, le plus gros au monde à son époque. Retiré depuis 2002, il vole encore.  Ce Mi-8 a son importance car on le retrouve lui et son pilote Vassili plusieurs fois dans le texte. Il livre ces lieux perdus dans la taïga, de la nourriture, des allumettes, du carburant, du papier et tout ce dont les habitants ont besoin pour survivre. lan Manouk nous entraîne à la suite de cet agent, qui va traverser la taïga se confronter aux ours et à des incendies gigantesques.

Piotr est à la recherche de Poliakov pour l’éliminer selon on ordre d’un mystérieux et dangereux Vladimir Platov . On rencontre un enfant, Sacha et l’inoubliable Liouba. Elle n’est âgée que de quinze ans et sert de guide pour traverser les forêts et la steppe glacée. Un livre d’aventure dans un pays minéral et glacial et qui nous apprend ce territoire perdu et une époque révolue. L’intrigue se développe de manière captivante, avec des rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine.

PHOTO : Ian Manook, un des huit pseudos de l’écrivain prolifique Patrick Manoukian.

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