Eric Lareine, la beauté des mots

Natif de Charleville, Eric Lareine vit à Toulouse. Cet ancien charpentier et peintre en lettres, arpente les scènes depuis les années 1980, comme comédien, danseur puis harmoniciste et interprète dans le groupe Récup’Verre. Dès 1990, il enregistre ses premiers disques – Plaisir d’offrir, joie de recevoirL’ampleur des dégâts – et J’exagère. Dans le même temps il écrit des spectacles pour la scène et évolue dans le milieu du jazz et des musiques improvisées.

En 2009, Éric Lareine crée le groupe Leurs enfants, composé de Frédéric Gastard aux saxophones et aux claviers, Pascal Maupeu à la guitare électrique et Frédéric Cavallin à la batterie et aux percussions, tous musiciens issus de la scène jazz et désireux de jouer du rock. Les aventures vont se suivre, toutes plus intéressantes et créatives les unes que les autres. Sa curiosité alliée à son goût de l’expérience artistique, marquent l’univers d’Eric Lareine. Il aime la beauté des mots et leur étrangeté poétique

Je ne tiens qu’à un fil

mais c’est un fil d’acier

Une tresse à trois brins

Sous la plante des pieds

C’est un rail une idée

Adoubé par ses pairs et non des moindres, Claude Nougaro, il n’en demeure pas moins discret. Trop peu de gens savent qu’il est un grand de la chanson, cisèlant avec puissance et rage un univers où s’engouffrent nos fragilités, nos angoisses et nos amours

Parle-moi

Redis-moi encore

pourquoi tout tombe

Depuis hier, tout tombe

la chaux est morte sur les murs

La chaux est vive sur les corps

Redis-moi encore

Son univers est fait de rock et de blues, où la noirceur côtoie la lumière comme une compagne, comme son double. Eric chante nos points de déséquilibre, l’ombre de nos doutes, et tout en nous enthousiasmant il nous entraîne parfois au bord du précipice.

Ils ont pendu la crémaillère

J’ai entendu des cris, j’vous dis,

Sur le palier, j’ai entendu des cris

Son parfum, je l’ai senti

Le nez dans son col

Ma joue sur le sein

Et lui, son poing dans ma gueule

Eric Lareine c’est une chanson où l’âme des mots bat comme une brûlure au cœur.

Didier Venturini

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