« IN WAVES » un film d’animation lumineux et émouvant .

Phuong Mai Nguyen présente « In Waves » au Comoedia le 24 juin ( photo JFM )

Au départ, il y a une histoire vraie : en Californie, un jeune étudiant en dessin, A.J., passionné de skate mais ignorant tout du surf et ayant peur de l’eau, tombe fou amoureux d’une belle surfeuse, Kristen. Avec patience et attention, elle va l’initier à son sport favori et lui transmettre son amour de l’océan  et de la culture du surf. Une belle histoire d’amour se développe entre A.J. et Kristen, mais la maladie s’attaque à la jeune fille. Le jeune couple, admirablement aidé par leurs amis et par la famille de Kristen, va engager une lutte acharnée contre le cancer de l’héroïne, mais malgré tous ses efforts, Kristen meurt. Pour tenter de faire son deuil de son adorée, A.J. décide de raconter en BD l’histoire du surf, de son invention à Hawaï jusqu’à aujourd’hui. Sur les conseils de son éditeur, il intercale sa propre histoire et celle de sa bien-aimée entre les chapitres de son ouvrage. La BD, intitulée elle aussi « In Waves », rencontre un grand succès, reçoit de nombreux prix et est traduite dans de nombreuses langues.

Il aura fallu six ans pour que la jeune P.M.Nguyen (photo ) mène à bien l’adoption de l’album, paru en France en 2019 . Il a fallu d’abord prendre contact avec l’auteur A.J. Dungo par visioconférence, d’abord, puis en Californie où la réalisatrice a pu établir une vraie relation de confiance avec AJ, auteur mais aussi personnage principal de l’album et avec ses proches, eux aussi présents dans l’album et donc dans le film. Un important travail de documentation fut nécessaire pour respecter l’exactitude des mouvements des surfeurs et de leurs planches afin , nous dit la réalisatrice , « de ne pas choquer la communauté des surfers ». Un taser fut réalisé puis de longs travaux d’écriture et de découpage technique avant d’aboutir à un storyboard, extrêmement précis. La pandémie du Covid compliqua la réalisation qui dut être partagée entre plusieurs ateliers (ce qui explique que le film soit soutenu par plusieurs régions françaises). Pour la mise en couleur P.M.Nguyen n’opta pas pour la solution retenue par l’auteur de la BD, à savoir l’utilisation de la monochromie, mais voulut ( sauf pour les quelques séquences évoquant l’histoire du surf ) traduire « les couleurs et la lumière de la Californie ». Mais pour être en accord avec le développement de l’histoire, la palette perd de son éclat au fur et à mesure de l’avancée de la maladie de l’héroïne. Les voix des différents personnages furent sélectionnées sur casting .

« In Waves », comme le souhaitait sa réalisatrice, n’est pas «  un simple recopiage de l’album » mais une œuvre originale et maîtrisée qui a suscité l’attention aussi bien à la aaa de la Critique de Cannes qu’au festival d’Annecy. On peut lui prédire , sans trop de risques, un beau succès cet été !

Jean-François MARTINON

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