
Pauline Clement présente « De la Comédie Française » à Lyon, le 5 juin (photo’JFM)
Quand on croise Pauline Clement, menue, gracieuse, souriante, on n’a pas liampression d’être face à un bourreau de travail. Et pourtant ! Son C.V est édifiant ! (Mal)orientée vers des études courtes, elle obtient un CAP d’esthétique mais, saisie par l’amour du théâtre, elle intègre la Comédie Française, via le cours Florent, le conservatoire du 8° arrondissement et le conservatoire national ! En même temps, elle intègre le collectif « Yes vous aime » et réalise ,scénarise et interprète de nombreuses parodies d’émissions TV. En plus, on la remarque sur les écrans , petits et grands. Sans pour autant délaisser le Théâtre Français où elle enchaine les rôles, de la comédie aux vaudevilles en passant par les drames : elle est nommée, en 2020, pour le Molière de la révélation féminine et, en 2026, élue sociétaire de la Comédie française !
Elle a l’idée de réunir les divers aspects de sa vie professionnelle dans une œuvre centrée sur le quotidien de la Comédie française. Elle pense d’abord à une série TV, façon « 10% », mais cela se révèlle irréalisable : le planning du théâtre est beaucoup trop bondé, entre représentations, répétitions et réglages techniques, pour envisager des tournages répétés. Et impossible de tourner en studio : la maison de Molière est inimitable ! Du coup, on se rabat sur une formule plus ramassée, une fiction d’une heure trente pour le cinéma. Encore faut-il s’adapter au planning du théâtre ; en janvier 2025, P. Clement apprend que, à cause de travaux dans la salle Richelieu, on pourra tourner en juin. Dans l’urgence, il faut tout faire, trouver les financements, établir un casting exclusivement composé d’artistes de la comédie française et surtout écrire un scénario à partir des anecdotes, répliques, impressions que Pauline a recueillies auprès de ses collègues acteurs mais aussi techniciens, ou personnels d’accueil. 15 jours, pas un de plus, sont accordés pour le tournage : c’est très court mais , nous dit Pauline Clement, « on connaissait les lieux et on se connaissait ». En plus, les deux réalisateurs sont très complémentaires : « Martin ( Darondeau ) est un super technicien et Bertrand ( Usclart ) un formidable directeur d’acteurs ». Quant à Pauline Clement, elle est partout guidant l’équipe dans le labyrinthe du théâtre et faisant le lien avec ses collègues comédiens! Cela lui vaudra d’être créditée au générique du titre, un peu obscure, de « Collaboratrice Artistique » pour qualifier un rôle irremplaçable !
« De la Comédie Française » est une réussite complète, qu’ont salué le jury et le public du festival de l’Alpe d’Huez ; Les acteurs, excellents bien sûr, prennent un grand plaisir à jouer, le rythme est vif, soutenu, sans temps morts ; On est vraiment plongé dans l’atmosphère du théâtre, on voit fonctionner cette magnifique machine qu’est la Comédie Française ! C’est, Pauline Clément nous le dit, « une déclaration d’amour au théâtre et aux acteurs » Alors chef-d’œuvre ? Pas tout à fait. Le scénario est plus une succession de sketches qu’une véritable histoire et certaines de ces séquences sont un peu faciles. Il y a peu de chance qu’il s’inscrive au répertoire du Français ! De même on n’a pas été convaincu par l’intervention de Molère, malgré les efforts de Benjamin Lavernhe ; Qu’importe ! « On s’amuse en regardant « De la Comédie Française », c’est une délicieuse friandise eastivale, à consommer sans modération !
Jean-François Martinon
