UN FILM ÉVÈNEMENT : « LA VIE D’UNE FEMME » !

Marie-Christine Barrault et Charline Bourgeois-Tacquet à la présentation du film au Comoedia, le 3 septembre (photo JFM )

C’est peu dire que Gabrielle est une battante : sa vie est un combat permanent ! Chirurgienne réparatrice, elle se bat pour redonner à ses patients une figure humaine. Chef de service hospitalier, elle se bat pour motiver son équipe pas toujours aussi investie qu’elle. Responsable de son département, elle combat pied à pied pour conserver les moyens de travailler malgré la crise de l’hôpital public et la concurrence des autres services. Dans sa vie privée, il en va de même : bien qu’elle ait choisi de ne pas avoir d’enfants, elle ne se désintéresse pas de ceux de son mari, suit les études de son neveu et, surtout, s’occupe avec patience et dévouement de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Une existence bien remplie, sans un répit, sans un temps mort, rythmée par les incessants appels de son, voire de ses, téléphones. Mais ça tourne : sa vie se déroule comme un mécanisme bien huilé avec la force tranquille de la routine. Jusqu’à ce que des imprévus viennent menacer ce bel équilibre ;

Un déménagement chaotique de son lieu d’exercice, la défection inattendue de son adjoint, l’aggravation de l’état de sa mère, autant d’événements qui mettent en péril son quotidien millimétré. Mais c’est la rencontre d’une écrivaine, séduisante et séductrice, qui risque de bouleverser le plus la vie de Gabrielle.

En douze chapitres, dûment titrés comme dans un roman, Charline Bourgeois-Tacquet nous fait partager des moments de la vie de son héroïne. Tout est vu du point de vue de Gabrielle, les autres personnages n’existent que par rapport à elle, ce qui peut être un peu frustrant pour le spectateur : on aimerait en savoir un peu plus sur Henri, le mari si bienveillant de Gabrielle ou même sur Frida, la belle écrivaine, qu’on ne voit jamais écrire ! Mais tel n’est pas le projet de Charline Bourgeois-Tacquet, elle se concentre sur Gabrielle.

À l’évidence, la réussite de ce projet reposait sur le choix de l’actrice principale. Dès l’origine, Charline Bourgeois-Tacquet avait pensé à Léa Drucker et obtenu son accord, même si le calendrier très chargé de l’actrice avait forcé à retarder d’un an la réalisation du film. Il valait la peine d’attendre ! Léa Drucker est parfaite dans le rôle de Gabrielle, «  un personnage de femme si forte, si puissante », nous a dit la réalisatrice, mais, en même temps, vulnérable et fragile dès lors qu’elle s’aventure hors de ses zones de confort. Une interprétation toute en nuances qui convainc. Autour d’elle, Melanie Thierry, belle et mystérieuse, Marie Christine Barrault, comique et pathétique à la fois, une malade d’Alzheimer crédible, sans caricature, Charles Berling, «  un mari parfait », ont dit en choeur M-C Barrault et C.Bourgeois-Tacquet au Comoedia, sont excellents. Si l’on ajoute que la reconstitution de la vie hospitalière est parfaite, quasi documentaire, que le rythme est soutenu et les images très belles et, enfin, qu’un très habile patchwork de musiques baroque et classique accompagne l’action de façon discrète mais efficace, on ne peut que conclure que « La Vie d’une Femme » est un film qui fera date, même s’il n’a pas eu l’heur de retenir l’attention du jury de Cannes !

Un film événement, à ne pas manquer !

« La Vie d’une Femme » est co-produite par la région AURA et a été largement tournée dans la région en particulier à l’hôpital Edouard Herriot et dans les Alpes.

Jean-François Martinon

Scroll to Top