
Il était annoncé depuis un moment, promo oblige, le voilà dans les bacs depuis le 23 octobre. Avec son 23è album studio, Bernard Lavilliers annonce la couleur avec son titre Rite cruel, anagramme du mot écriture. D’écriture il s’agit toujours, puisque poursuivant la route qu’il s’est tracée, les thèmes qu’il explore depuis presque un demi-siècle en regardant le monde comme il va. De la constance et du talent il en a sans doute, et coriace il l’est, pour tenir sur une aussi longue distance
Il faut être coriace pour tenir
Il faut être solide pour agir
La musique nous tient, nous inspire
sans laisser les complots, les arguments, les mots, ta peau
Il faut être coriace pour tenir
Côté musique, on retrouve là aussi son goût des métissages, africains, latinos, rock, qui donnent à ses chansons une tonalité et une chaleur particulières. La qualité et la justesse des arrangements font d’une simple mélodie un voyage musical riche et nuancé, et l’album en bénéficie grandement.
Bernard Lavilliers a une qualité qui n’est pas donnée à tous, celle de mettre en musique les poètes, et d’interpréter avec beaucoup d’émotion leurs mots. C’est le cas encore cette fois, avec un texte anonyme de 1946 ,Berceuse des enfants d’Europe, publié sous le pseudonyme de Louis Cauchois, dans l’anthologie le Sang des poètes, puis chez Seghers.
Dors dans ta faim, dors dans tes larmes
Dormons tout jeune, dormons tout beaux
Dors dans le bruit lointain des armes
dormez trop tard, dormez trop tôt
Dors pour les rois, dors pour les gueux
Dors pour le ciel des mauvais signes
Pour l’océan rouge de feu
Bien sûr la voix, toujours aussi belle malgré ses 80 ans, c’est rare. Il suffit de penser à quelques aînés, Barbara, Reggiani… Lavilliers a su garder la sienne, qui bien que plus grave, plus ronde encore, éraillée toujours, conserve une fraîcheur que les années n’ont pas réussi, pour notre plus grand plaisir, à lui dérober.
Didier VENTURINI
RENDEZ-VOUS
Bernard Lavilliers sera en concert :
Grenoble au Summum le 29 janvier.
Saint – Etienne le Zénith le 30 janvier.
Dijon le Zénith le 18 février.
