« POUR LE MEILLEUR » un bon film émouvant sans pathos, optimiste sans irénisme, à ne pas manquer !

Marie-Castille Mention-Schaar, Lilly-Fleur Pointeaux et Philippe Croizon présentent le film au Pathé Bellecour le 31 mars (photo JFM)

Le film de M-C Mention-Schaar est remarquable en ce qu’il contredit brillamment quelques axiomes qui ont cours chez les cinéphiles ! 

En effet, on dit souvent , avec Boileau, que « Le vrai peut, quelque fois, n’être point vraisemblable » .  On pense parfois à cette sage maxime devant des films dont le titre est suivi de la mention « d’après une histoire vraie ». Tout le malaise tient dans le « d’après »: l’histoire est vraie, mais les personnages qui la vivent sont des personnages de cinéma, conçus par le réalisateur et ses scénaristes, et qui adoptent un ton, une manière d’être qui ne convient pas au sujet : du coup, l’histoire vraie n’est pas crédible ! Rien de tel dans « Pour le meilleur ». Quand Marie-Castille Mention-Schaar découvre l’histoire – incroyable mais vraie – de Philippe Croizon, un homme sans bras ni jambe qui a réussi la traversée de la Manche à la nage, elle demande à le voir, fait sa connaissance et celle de sa compagne Suzana, leur propose de faire un film sur leur histoire et passe une semaine avec eux ( et chez eux ) pour mettre au point le projet, mais aussi pour se nourrir de mille épisodes de leur vie quotidienne et de celle de leur famille recomposée. Tout cela, bien sûr, donne de la substance, de la vie, au scénario. De même, les acteurs choisis rencontrent les personnes dont ils vont jouer le rôle et établissent avec eux des liens solides : ainsi, Suzana, quand elle parle de Lilly-Fleur Pointeaux, dit « Mon autre moi ». Cette grande proximité entre l’équipe du film et la famille de P. Croizon est un gage de vraisemblance. …D’ailleurs, P. Croizon participe activement à la promotion du film qu’il soutient avec vigueur et enthousiasme.

Le deuxième adage, contredit par le film, est très fréquemment jeté par les cinéphiles, comme une insulte suprême : « On ne fait pas du bon cinéma avec des bons sentiments ». Et c’est vrai que cette histoire pleine d’optimisme et de courage fait craindre un film idyllique, une sorte d’hagiographie laïque ! Et bien pas du tout ! Les faits parlent d’eux-mêmes, sans qu’un discours élogieux ne les surligne.Au contraire, le film montre les erreurs, les hésitations , les doutes des personnages : pas de surhomme nietzchéen dans ce triomphe de la volonté ! Philippe et Suzana sont des personnes, pas des icônes !

Le dernier adage que Marie-Castille Mention-Shaar bouscule légèrement, c’est « Les Histoires d’Amour, ça finit mal, en général ». « Oh, celui-là, le cinéma aime à le contourner, à le contredire. » Mais c’est presque toujours dans un ultime renversement de perspective, une pirouette attendue : le « Happy End » survient avec d’autant plus de force que le scénario a accumulé obstacles et embûches à son accomplissement. Et rien n’est dit de la durée de la fusion amoureuse qu’il décrit. L’histoire d’amour que raconte le film s’inscrit dans la durée, on la voit se construire pas à pas, en douceur. Et c’est pour ça qu’elle nous touche, parce qu’elle est « inspirée d’une histoire vraie ».

La conclusion tombe d’elle-même : il ne faut pas laisser passer ce film sincère et émouvant, plein d’énergie et d’optimisme, une réussite rare et subtile, à voir et à revoir en salle car les belles émotions se partagent !

Jean-François Martinon

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