« LE TRIANGLE D’OR » un film passionnant à ne pas manquer !

Malou KHEBIZI, actrice et Hélène ROSSELET-RUIZ, réalisatrice présentent le film au Comoedia le 10 juillet ( photo JFM )

Quand on a besoin d’argent, on ne fait pas sa difficile : c’est comme ça que Laura ( Malou Khebizi ) accepte d’entrer au service de « Madame » ( Soundos Mosbah), une belle jeune femme, vivant en récluse dans une riche demeure d’un quartier (très) riche. Pour 250 euros par jour, au black, Laura doit être à sa disposition 24 heures sur 24 , prête à obéir à ses ordres les plus inattendus et à essuyer rebuffades et injures sans moufter, surveillée en permanence par un système vidéo oppressant qui scrute toutes les pièces de la grande demeure. Dans cet espace de non-droit, son emploi est précaire ( « les employés ne restent pas longtemps ici »  lui dit-on ) ; mais n’est-ce pas aussi le lot de Madame, amante d’un (très) riche saoudien ?

Pour écrire cette histoire, Hélène Rosselet-Ruiz s’est appuyée sur son expérience : elle a exercé un emploi de ce genre. Mais, avec sa co-scénariste, l’écrivaine Pauline Guéna, elle a aussi procédé à une longue enquête auprès d’employés de ( riches ) maisons . Elles ont également  contacté par internet des femmes dans la même situation que « Madame ».  Tout cela donne au récit un caractère quasi-documentaire, le sentiment d’authenticité étant renforcé par le fait que le film a été tourné dans un cadre authentique , une maison à vendre ( pour 32 millions d’euros ! ) située dans la prestigieuse « Villa Montmorency », un quartier clos comptant une centaine de maisons plus riches les unes que les autres.(Nicolas Sarkozy y demeure ) Dans ce décor réel, on peut voir le contraste entre les espaces destinés aux maîtres, spacieux et très décorés ( dans le film d’un kitsch absolu ) et ceux voués aux domestiques, étroits et malcommodes, inscription dans l’espace domestique de la relation de domination qui règne dans ce milieu.

Bien joué et réalisé avec adresse, le film atteint parfaitement son objectif : passionnant comme un thriller, ce premier long métrage d’une jeune réalisatrice qui ira loin nous fait prendre conscience d’une situation scandaleuse, rarement ( jamais ? ) portée à l’écran . À voir sans faute !

Jean-françois Martinon

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