« DITES LUI QUE JE L’AIME » un film touchant et sensible de Romane Bohringer

Romane Borhinger présente « Dites lui que je l’aime » à Lyon

Mardi 4 novembre, Romane Bohringer a longuement reçu la presse lyonnaise au Comoedia pour lui présenter son film « Dites-lui que je l’aime ».

Ce titre, c’est d’abord celui du livre de Clementine Autin, paru en 2020. Quand Romane Bohringer le découvre, nous a-t-elle dit : «  C’est un choc … dès la deuxième phrase, j’ai plongé dans une espèce de transe de me reconnaître dans chaque phrase , dans chaque mot … » En effet, les deux jeunes femmes ont en commun d’avoir été abandonnées très jeunes par une mère brillante et fragile rapidement disparue. 

Dès lors, Romane Bohringer décide de porter le film à l’écran et s’attaque, avec son complice  habituel, Gabor Rassov, à l’écriture d’un scénario: le travail lui semble facile tant qu’il s’agit d’une adaptation littérale du livre d’Autin. Mais  son producteur et son co-scénariste l’interpellent : « Où es-tu là dedans ? Le vrai film se cache. » Alors Romane se résout à « faire rentrer mon histaoire dans celle de Clementine … travail beaucoup plus difficile. » Finalement, elle parvient « à tisser les quatre histoires », celles des deux mères et de leurs deux filles. Il en résulte un scénario « hyper précis, très structuré », laissant peu de place à l’improvisation « même si, selon la réalisatrice, des miracles » ont eu lieu durant le tournage, « des choses se sont faites en dehors de moi ». 

De fait, si le récit est éclaté, si le film mêle des éléments divers, interventions directes de Clementine Autin ou de Romane Bohringer, souvenirs de témoins, fragments de documents d’époque, récits, l’exposé n’est jamais confus , désordonné ! La réalisatrice conduit son propos d’une main ferme, nous la suivons sans peine dans le maquis de ses souvenirs d’enfance qu’elle confronte à ceux de Clementine Autin, nous partageons la quête, les hésitations des deux adultes qui finalement réalisent qu’elles ont, quoiqu’on en pense, compté pour leurs mères. « Dites-lui que je l’aime », c’est le message que la mère de Clementine a confié à une amie pour sa fille et Romane conclut que sa mère aurait pu, elle aussi, le dire.

Le film est remarquable à double titre . D’abord par sa forme, profondément originale, loin des sentiers battus, à mille lieux du drame larmoyant ou du plaidoyer pro domo complaisant, inventant une forme neuve pour aller à l’intime, pour traduire  des sentiments profonds. Cette approche novatrice la réalisatrice la revendique : « on peut encore inventer des formes, des audaces, des manières différentes de faire un film ». C’est ce qu’elle appelle  du « cinéma pirate » ! Mais ce qui fait qu’on aime le film, qu’on ne l’oublie pas sitôt sorti de la salle, c’est sa sincérité, qui « nous attache et qui nous mène par le bout du cœur », comme le disait si bien Brassens !

Jean-François Martinon

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