CHAMBERY/Quand l’art était vraiment subversif

Dans les années 60, on mélange tout, on ose tout. On bouscule les chapelles et les idées reçues sur l’art et son public. Un demi-siècle plus tard, le musée des beaux-arts de Chambéry propose jusqu’au 29 mars une passionnante exposition sur la figuration narrative avec pour slogan « Subversifs !  »

On oublie à quel point cette époque a bousculé les codes, fait exploser les cadres. Les artistes s’emparent de la photo, de la pub, du cinéma, de la BD, pour raconter le monde, ses rêves et ses dérives. Témoin la série très iconoclaste de tableaux inspirés du « Radeau de la méduse », avec cette entrecôte en train de sombrer dans une mer de frites. « C’est intéressant de voir à quel point certains thèmes abordés font écho à ceux d’aujourd’hui, » confie Nicolas Bousquet, directeur du musée. « On parle de la malbouffe, de la société de consommation, de l’écologie…Les artistes sont inspirés par les combats politiques, comme la guerre au Vietnam. Ils sont nourris par la contre-culture que produisent le cinéma, la musique et la littérature. »

C’est aussi une époque de rencontres, d’expériences collectives, de confrontations entre esthétiques de différents pays. Comme si les artistes avaient une longueur d’avance sur les bâtisseurs de l’union européenne.

« Les années 60, années de mon enfance, ont apporté un déferlement quotidien d’images imprimées en couleur. Elles étaient alors signe de modernité, » se souvient le collectionneur et architecte Dominique Defontaines, qui a prêté une cinquantaine d’œuvres pour cette exposition.

On (re)découvrira aussi toute l’inventivité des étudiants des beaux-arts de Paris qui s’emparaient de la sérigraphie en mai 68. Georges Foissy y était. Samedi 14 mars, il reviendra sur cette période qui a marqué l’histoire de l’art du XXè siècle.

Gilles Aillaud, Gérard Fromanger, Jacques Monory, la coopérative des Malassis…Autant de noms à (re)découvrir au musée des beaux arts. Le temps d’une visite guidée ou non. Et pourquoi pas fêter la Saint-Valentin au musée vendredi 13 février, le temps de deux concerts.

Tout le programme sur www.chambery.fr

PHOTO Pour le directeur du musée Nicolas Bousquet, «c’est intéressant de voir à quel point certains thèmes abordés font écho à ceux d’aujourd’hui. »

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