
Vignette de couverture : Isabelle Clement
« Le Marquis de St Denis » est un roman policier. Un vrai polar avec un cadavre dès la première page et une recherche de l’assassin qui nous tient en haleine, à travers des révélations surprenantes, des fausses pistes, et, en bout de course, un dénouement inattendu, forcément inattendu. L’enquête est menée par des policiers ordinaires, finalement plutôt sympathiques, et nous fait rencontrer des gens de la justice, avocat, juge, procureur. Le rythme est vif, le suspense soutient l’attention et il est malaisé de poser le livre avant la fin ! Un bon polar vous dis-je !
Oui ! Mais le livre d’Imane Robelin n’est pas que cela ! Aux côtés de son personnage principal, Ali, un représentant de la deuxième génération de l’immigration maghrébine, français de nationalité mais arabe pour beaucoup, venu d’une banlieue lointaine et relativement bien intégré, nous partageons les espoirs et les doutes d’un transfuge de classe et de culture. Au travers de mains détails concrets, l’autrice nous fait sentir les incompréhensions, les hésitations, les maladresses, les renoncements que vit son héros quand il pénètre, à la faveur d’une histoire d’amour complexe et ambiguë, dans un milieu bourgeois aisé, à mille lieux du sien. Sur ce thème, très débattu ces temps-ci, Imane Robelin ne délivre pas de grands discours mais nous fait ressentir les sentiments d’Ali, nous met à sa place et cela en dit beaucoup sur les difficultés d’intégration.
La construction du roman est complexe : il est composé de brefs chapitres, écrits du point de vue des différents protagonistes de l’histoire à des périodes différentes. Malgré cela, le livre se lit aisément et l’on ne se perd pas dans les flash back qui éclairent la psychologie des personnages et d’abord celle d’Ali, avec ses naïvetés et ses méfiances, son impulsivité et son envie de bien faire, personnalité complexe à laquelle on s’attache. Ou encore Solange, la victime, séductrice à qui rien ne résiste, bourgeoise et révoltée, spontanée et calculatrice, féroce ! Et encore Fiona, née Felix, concentrée de douleurs, irrémédiablement fragile, inapaisée. Une belle galerie de personnages vrais, complexes et torturés.
En résumé, « Le Marquis de Saint-Denis » est un très bon livre qui passionne et donne à réfléchir ! À consommer sans modération !
Jean-François Martinon
« Le Marquis de Saint-Denis » est édité par un petit éditeur, les Éditions Henry.collection « La Vie comme elle Va » Il n’est pas forcément en stock chez votre libraire. Mais il se fera un plaisir de vous le commander !
