« PLANETES » un film pas ordinaire de Momoko Seto

Momoko Seto présente son film au Comoedia, le 13 janvier 2026 (photo JFM)

Ça commence par une exposition terrifiante, destructrice, probablement due à la folie des hommes. Ce Big Bang produit un souffle puissant qui entraîne tout sur son passage, en particulier les graines d’une fleur de pissenlit, vous savez celles que Madame Larousse sème à tous vents …. Dès lors le film s’attache à suivre quatre de ces graines, des akènes selon la terminologie botanique, dans une extraordinaire odyssée qui les projette à travers le cosmos.

Le film se place à partir de là du point de vue de ces akènes : cela suppose, évidemment, une dose d’anthropomorphisation (le mot est dur à écrire … et aussi à dire : j’ai bafouillé en tentant de le prononcer lors de la rencontre de presse ! ) des petites graines à qui l’on prête des sentiments (peur, soulagement, espoir, joie) face à ce qu’elles découvrent. Mais cet aspect est réduit au maximum : l’image des akènes n’est pas humanisée, elles ne parlent pas et aucun commentaire ne les explique . Toutes les images sont des photos animées notamment selon la technique du time-lapse qui consiste à photographier à intervalle régulier un objet se modifiant lentement puis à projeter les images obtenues à vitesse cinématographique (24 images/seconde) rendant ainsi visible (et parfois très spectaculaire) les mouvements : ainsi la croissance d’un champignon devient terrifiante ! Seule la remarquable musique originale de Nicolas Beker et Quentin Sirjacq accompagne les images, les rend encore plus saisissantes. On notera que les couleurs naturelles sont respectées, tout au plus intensifiées, sans filtre ni colorisation.

L’odyssée des akènes nous conduit d’abord dans un paysage gelé, un monde de glace terriblement hostile puis on accède à un environnement plus clément avec des traces de vie végétale et animale. Mais le chemin est long et les dangers innombrables avant que les graines puissent trouver un endroit favorable à leur germination.

Les précieuses images qui constituent le film ont été recueillies en Islande, en Bourgogne et au Japon et il a fallu 260 jours de prise de vue pour les enregistrer.

L’exactitude scientifique du film est attestée par un conseil scientifique et le CNRS a donné son aval à l’entreprise. Mais on est loin d’être en présence d’un simple documentaire scientifique : Momoko Seto, ancienne élève du Fresnoy, fait honneur à sa formation artistique et nous offre une création très originale, un OFNI (objet filmique non identifié) singulier et attachant ! À ne manquer sous aucun prétexte ! Et cela dès l’âge de 7/8 ans : «  J’ai envie de montrer ce genre de film à mes enfants », nous a-t-elle confié à la rencontre de presse et il nous semble que « Planètes » peut fasciner les petits aussi bien que les grands !

Bande originale du film : https://share.google/AmzZMUzskg8ZII7Il

 

Jean-François Martinon

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