
De cuisinier en boulots divers, Yves Jamait, né à Dijon en 1961, a pris une route qui l’a conduit au hasard des rencontres, à l’écriture de chansons.
Un timbre de voix rocailleux, un peu gouailleur, mais qui sait se faire tendre aussi. Poésie des mots et des images, portés par des rythmes chaloupés, qui font swinguer les six cordes de sa guitare, depuis son premier album sorti en 2002, De verre en vers.
Ne me dites pas qu’à peine éclose
La fleur de l’âge se flétrit
Je vis avec ce genre de rose
Au parfum tout juste fleuri
Le temps qu’il a mis à figer
Sur son regard quelques ridules
d’autres ont tenté de les cacher
En maquillage ridicule
La vie, Yves Jamait ne se contente pas de la vivre, il la chante et avec beaucoup d’humanité et surtout d’humilité. Celles des bars, des solitudes, des mélancolies, de l’amour, du monde ouvrier. En vers et contre tout effet de manche et de style. La juste couleur posée sur notre fragile condition humaine.
C’est l’heure où les camions se gavent de poubelles
Où les bistrots baillent encore et dorment les hôtels
Où je marche sans souvenirs d’une nuit trop lointaine
c’est l’heure
C’est l’heure où les ruelles toilettées se croient belles
Où les bouches d’égouts n’ont plus mauvaise haleine
Bref c’est l’heure où la ville se nettoie les veines
C’est l’heure
Dessous sa casquette de Titi parisien, Yves Jamait chante à l’émotion. Il ne roule pas les mécaniques, et laisse ses fragilités affleurer sans fausse pudeur, tout en délicatesse et retenue, comme dans cette chanson Vierzon, à propos de son père.
Qui aurait dit qu’un jour, entre deux chansons
Je ferais un détour, pour aller voir Vierzon ?
Ce que la vie est drôle, quarante ans sans se voir
T’arrive, sans crier gare, et je pleure comme un saule
sur ta vie, sur ma vie
Qui aurait dit au reste, qu’une moitié d’orphelin
Que je fus sans conteste, un jour poserait la main
Sur le corps de celui qui fut tant de mystère
Que jamais je n’ai dit le sobriquet de père
De ma vie, de ta vie, de ma vie, de ta vie
Vierzon, évidement on pense à Brel, mais pas que. Des références chansonnières Yves jamait en a, Brel, Aznavour, Leprest, Sylvestre, et depuis toujours Maxime le Forestier, auquel il rend hommage dans son dernier album paru en 2025 Maxime et moi.
Il dit à propos de cet rencontre et de cet hommage : Les chansons de Maxime Le Forestier ont fait naître comme une lumière. Une lumière infime, ténue, c’est l’étoile que j’ai suivie. Je m’y suis accroché, et je l’ai appelée « Espoir ».
Pour ce voyage musical, Yves Jamait est accompagné de Michel Haumont et de Jérôme Broyer.
Didier Venturini
Concert le 7 février, salle Désiré Vallette à Saint Vallier (Drôme).
hommage maxime :
