
En 1941, elles furent 800 000 femmes à s’engager dans l’Armée rouge. Une page de l’Histoire russe que personne ne s’est empressé d’écrire. Svetlana Alexievitch a réparé cet oubli et a consacré sept ans d’enquête à ces combattantes anonymes. Prix Nobel de littérature en 2015, cette écrivaine biélorusse d’origine ukrainienne vit aujourd’hui en exil à Berlin après avoir été censurée sous le régime soviétique. C’est dire si la liberté de parole a un prix.
A son tour, Julie Deliquet a voulu donner une voix à ces femmes en adaptant les témoignages recueillis par la journaliste. Dans « La guerre n’a pas un visage de femme, » la metteuse en scène nous convie dans un appartement communautaire où les anciennes combattantes racontent leur quotidien durant la seconde guerre mondiale. Une interrogation aussi sur la place des femmes dans les conflits, la plupart du temps racontés par les hommes.
Chambéry, Espace Malraux, mercredi 25 et jeudi 26, 20h. www.malrauxchambery.fr
PHOTO : Julie Deliquet laisse entendre les voix oubliées des femmes engagées en 1941 dans l’Armée rouge. Photo Pascale Fournier
